Autre chose ?

Paul Auster
Brooklyn Follies
Paul Auster
Brooklyn Follies

C’est le récit d’une tranche de vie de quelques personnages dans le quartier de Brooklyn à la fin du XXe siècle et au début du XXIe, avec ses bons moments, ses drames, ses rebondissements et sa poésie.

Ça ne révolutionne pas la littérature mais c’est très bien écrit et construit et c’est plein d’humanité : un bon roman moderne classique.  Les deux phrases précédentes n’ont aucun intérêt car elles pourraient convenir à beaucoup d’autres livres de Paul Auster.

Il y a autre chose. Est-ce cet humanisme optimiste qui entraîne le lecteur, est-ce la parfaite construction du récit avec ses ralentissements poétiques et ses avancées dramatiques rapides, est-ce que les histoires d’Auster ont quelque chose à voir avec les contes de l’enfance, ou est-ce autre chose ? Les folies de Brooklyn sont elles aussi celles de ceux qui les lisent…

« Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des livres. » p. 362 Paul Auster. Brooklyn follies. Actes Sud.  


 

Faim de lire et écrire

Paul Auster
Le carnet rouge
L'art de la faim
Paul Auster
Le carnet rouge
L’art de la faim

Dans de courts chapitres, Paul Auster nous raconte dans « Le Carnet Rouge » des épisodes brefs de sa vie qui ressemblent à des contes, ou bien à de petits drames, ou encore à des événements improbables. C’est une délicieuse écriture qui dessine en creux un portrait autobiographique décalé de l’auteur, un écrivain fin connaisseur de la littérature française.

« L’art de la Faim », beaucoup plus long, nous livre de courts essais sur la littérature : c’est un livre du désir, qui donne envie de lire certains auteurs qu’on n’a pas lus et d’autres qu’on voudrait relire. C’est aussi un livre autobiographique d’une certaine manière, dessinant le portrait de Paul Auster en lecteur.

On est en bonne compagnie : Knut Hamsun, Kafka, Jacques Dupin, Laura Riding, André du Bouchet, Georges Bataille, Louis Wolfson, Charles Reznikoff, Merleau-Ponty, Blanchot, Tristan Tzara & Hugo Ball, Emily Dickinson, Samuel Beckett, Dante & Mandelstam, Paul Celan, Georges Steiner, James Joyce, Walter Raleigh, John Ashberry, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Edmond Jabès, Derrida, Starobinski, Marina Tsvetaieva, Georges Oppen, Carl Rakosi, William Bronk, Guillaume Apollinaire, et bien d’autres encore.

Paul Auster parle très bien de littérature et de poésie ; on aime Paul Auster, un auteur attachant qu’on n’a pas fini de découvrir, et c’est tant mieux.