Un seul geste, une seule parole

À partir d’un nom, « l’allitération du désir », la passion du déchiffrage et de l’interprétation (qui sont les moteurs des vrais lecteurs) se mettent en marche, entre rêve et oubli, mémoire et déréliction, pour nous offrir un beau morceau de littérature. 

Entre obscurité du poème et incertaine clarté du récit, le lecteur n’est pas étonné de retrouver la figure de Champollion, le déchiffreur en chef. 

Des signes venus du passé antique ravivent la mémoire de l’auteur car il sait les lire et les écrire, pour nous donner encore un beau court texte magique : merci monsieur Macé.

Gérard Macé. Les trois coffrets. nrf Gallimard 2016


 

Bibliothèque aussi vaste qu’un royaume

Pour continuer ici une relecture des ouvrages de Gérard Macé, voici le premier volume de ses Colportages, de courts textes dont certains ont été des préfaces, un ensemble de méditations poétiques et stylées comme sait en concocter ce formidable passeur en littérature. Macé nous incite ainsi soit à relire d’une manière inédite certains auteurs (Baudelaire, Rimbaud, Segalen, Lewis Caroll…) soit à découvrir des auteurs marginaux ou oubliés (Gabriel Bounoure, Jean de Boschère, Saint-Pol-Roux…). On y lit aussi des phrases surprenantes concernant la poésie contemporaine, vue comme une « infante défunte, autour de laquelle on se pavane en attendant sa résurrection ».

C’est toujours instructif, appelant à la rêverie du lecteur et témoignant d’une passion sans concessions pour la littérature. C’est enthousiasmant, même à la relecture.

Gérard Macé. Colportages 1. Gallimard 2016