Sirop d’érable à l’aigre-douce

Jacques Godbout
Salut Galarneau
Jacques Godbout
Salut Galarneau

Galarneau, après avoir perdu son père et abandonné ses études, gère une roulotte à frites à Montréal : une position stratégique pour écrire le monde.
Entre deux fritures et trois clients, il remplit des carnets, des papiers et des notes et cela donne ces 145 pages d’un langage coloré et plein d’un humour souvent mélancolique pour parler d’amour, du Québec, et faire l’inventaire de son âme avec l’accent de Montréal et au son des chansons de Gilles Vigneault, avec un final inattendu.
Des lettres à l’apparence aléatoire « numérotent » les chapitres : quand on feuillette le livre, elles forment la phrase « Au roi du hot-dog ». 

Chien chaud de la littérature… 

Jacques Godbout. Salut Galarneau ! Points Seuil  


 

De rivières de fleuves et d’étoiles

Femmes rapaillées
Femmes rapaillées

Les « femmes rapaillées » répondent à « L’homme rapaillé » de Gaston Miron (1928-1996) et cela donne une belle anthologie de la poésie québécoise contemporaine au féminin publiée par les excellentes éditions  « Mémoire d’encrier ». La nature est très présente dans ces textes, celle de la fraîcheur, des grands vents et des grands espaces. On y trouve aussi les questionnements sur le langage spécifiques à la belle province, et même un texte entremêlant deux langues, (français et anglais), un autre publié en bilingue (français et inuit). On y trouve aussi des échos des questionnements récents sur la domination masculine dans des textes très puissants, dont on ne sort pas indemne de leur lecture.

Ce livre est un bel hommage au recueil fondateur de Miron, il en est aussi prolongement et dépassement. De l’air vivifiant dans la poésie d’aujourd’hui, de quoi élargir son paysage intérieur. 

Collectif – Femmes Rapaillées – Sous la direction de Ouanessa Younsi et Isabelle Duval – Éditions Mémoire d’encrier. 2016  

VLB en Chine

Ma Chine à moi – Victor-Lévy Beaulieu – Avril 2021 – Éditions Trois-Pistoles

VLB brasse et embrasse la culture chinoise en s’appuyant sur une riche bibliographie qu’il donne en fin de volume, donnant à lire et à connaître ce qui lui paraît essentiel pour mieux comprendre ce pays, cette culture et cette civilisation. Mais son livre ne se réduit pas à cette collecte de ce que le pays du soleil-levant à produit de mieux au cours des millénaires : il s’agit d’un roman dans lequel le narrateur ressemble de très près au Satan Belhumeur rencontré en 1968 dans les « Mémoires d’outre-tonneau » mais aussi à VLB lui-même. Le thème de la vieillesse transparaît donc tout-au-long du livre, dans le langage coloré et baroque qu’on connaît habituellement chez cet auteur, un mélange de narration, de poésie et de citations. Les affres du « vieillardissement » semblent trouver leur consolation dans la consommation de l’opium et du bourbon, ainsi que dans la fréquentation des poètes et empereurs chinois : au final, c’est bien dans et avec l’écriture que le narrateur-écrivain trouve la force de faire face ; voilà de quoi laisser place à l’émotion lors de la lecture.