Stardust memories

Le livre est court (128 pages) mais dense, d’une écriture pop-rock cinématographique ou journalistique donnant par moment l’impression d’une rédaction sous influence de substances diverses, mais cela est en vérité très maîtrisé. Ce texte peut se lire en écoutant les musiques de film de David Raksin (Laura, 1944) ou du Franck Zappa première période (celle des Mothers of Invention). Mai 68 n’est pas loin, ce livre publié en 1972 fait bien entendre le son de l’époque.

Schuhl, Jean-Jacques – Rose poussière – nrf Gallimard 1972


 

Parages hallucinogènes

Autoportrait mouvant au miroir et portrait de Dürer, errance nocturne avec petits papiers, échange de regards dans un bar. Jeux de transparences des images, expérience de l’écriture, des mots se transformant sur la page. Voici la prose étrange d’un écrivain étrange, d’un être qui s’efface au moment où tout le monde met sa tête sur Instagram et qui laisse les mots s’écrire seuls sur la page, dans des jeux hallucinatoires de transparence où les miroirs sont très présents, jeux venant apparemment questionner l’identité et l’image de soi, mais venant finalement mettre en scène l’écriture pour offrir une expérience de lecture inédite, elle aussi étrange et mobile. Une expérience décalée des parages de la mort, sans pathos ni effets tragiques.

Schuhl, Jean-Jacques – Les apparitions – L’Infini nrf Gallimard 2022