Forêt des Landes : un oxymore ?

Marc Large. La folle histoire de Félix Arnaudin. Passiflore Éditions 2019

Félix Arnaudin est bien connu de tous les folkeux et musiciens Trad du Sud-Ouest, tant ils ont puisé dans ses collectages de musiques, chants et danses de la Grande Lande. L’ethnologie et la photographie doivent aussi beaucoup à cet arpenteur infatigable de ces grandes étendues de sable condamnées à disparaître avec les plantations de pins de Napoléon III.

Beaucoup lui doivent reconnaissance : Marc Large a la bonne idée de nous entraîner dans une course un peu folle à travers les landes sous la forme d’un roman biographique, dans lequel son style semble enfourcher des échasses et, porté par le grand vent du sud-ouest, se déploie dans un espace grandement ouvert, poétique et politique.

Le regard toujours porté au loin, vers l’horizon où terre et ciel se confondent, Arnaudin se révèle très tôt doué pour le dessin et l’écriture, et découvre un outil qui va lui permettre de « sauver » la mémoire de son pays disparaissant : la photographie.

L’homme ne tient pas en place, jamais là où on l’attend, ce qui ne lui rendra pas la vie facile. Il ne répond pas aux attentes de son milieu familial, vit en marge de son milieu social et s’engage pour la vie dans un projet scientifique et artistique de sauvegarde qui le mènera aux confins de la folie et à la gloire… posthume.

Le livre de Marc Large rend un bel hommage à ce personnage devenu presque légendaire dans le Sud-ouest ; il nous remet en mémoire « l’invention » des Landes telles qu’on les connaît aujourd’hui, une gigantesque et douloureuse transformation du paysage par le capitalisme triomphant du XIXe siècle.

Marc Large. La folle histoire de Félix Arnaudin. Passiflore Éditions 2019

Forêt des Landes. Photo © sonneur

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