Train de vie

François Bon
Paysage fer
François Bon
Paysage fer

L’écrivain prend le train et prend des notes, refaisant le même trajet chaque semaine pendant tout un hiver.

Le dispositif d’écriture est basé sur l’approfondissement lié à la répétition hebdomadaire des visions, renouvelant ainsi de manière moderne la forme ancienne de la description littéraire du paysage. 

Se répètent des noms de villes, des bâtiments d’usine, des maisons particulières, des jardins, des traces de l’histoire… Peu de personnages dans ce défilé, ce qui remet l’humain à sa place d’occupant solitaire de la nature. Apparaissent des questions sans réponses, des énigmes fugitives, des incongruités en lien avec ce survol visuel.

L’écriture garde les traces du dispositif (la prise de notes) mais est néanmoins travaillée avec pour résultat un texte original aux résonances contemporaines laissant transparaître les souvenirs biographiques de l’auteur. Bien loin de la littérature de gare, François Bon prend le train d’une littérature expérimentale accessible à tous. Son livre nous rappelle l’impression qu’on a déjà pu avoir, en voyageant par rail, d’observer des paysages dystopiques ou de science-fiction. L’auteur appuie sa démarche avec des références à Nerval, Balzac, Julien Gracq et Simenon : il est en bonne compagnie.

On lira avec profit, sur l’Internet, les expériences proches de Anne Savelli et Pierre Ménard (« Laisse venir »). 

François Bon. Paysage fer. Verdier 2000  


 

Le feu est en vostre langaige

Bon, François - La folie Rabelais - Éditions de Minuit 1990
Bon, François – La folie Rabelais – Éditions de Minuit 1990

Dans ce livre savant, un livre d’écrivain, François Bon montre comment Rabelais joue avec la langue au fur et à mesure des inventions qui font avancer le texte, dans une écriture qui s’analyse et se met en scène elle même en même temps qu’elle se découvre.

François Bon étudie le premier des Cinq Livres, le Pantagruel, comme un livre qui se retourne sans cesse sur lui-même, dans une analyse fine et érudite convoquant Proust, Flaubert et Michel Foucault, invitant à faire l’effort de lire le texte original et non les traductions et translations en français moderne qu’il critique de manière convaincante.

Il poursuit actuellement ce travail sur son site internet Le Tiers-Livre en proposant une aventure fabuleuse (« Le monde de Rabelais ») faite de textes, de lectures et de vidéos-promenades du côté de la Devinière et de Seuilly : il faut, le texte sous les yeux, le voir et écouter lire Rabelais sur sa chaîne Youtube, c’est passionnant. 

Bon, François – La folie Rabelais – Éditions de Minuit 1990


 La Devinière - photo (c) sonneur