Baroque et (un peu) fou

Philippe Muray Le XIXe siècle à travers les âges
Philippe Muray
Le XIXe siècle à travers les âges

Ça commence dans un cimetière débordant en 1786, en passant par les catacombes et le Panthéon, ça se termine avec la mort de Satan et celle de Baudelaire en 1867.

Muray propose une histoire littéraire du XIXe siècle en vue de mieux comprendre celle du XXe. « Pour voir où nous en arrivons, ce sont les hauts-fonds qu’il faut explorer, chercher patiemment les boîtes noires des vieux engins tombés en mer qui  » bipent  » encore cent ans après. » p. 203

Le point de vue, celui d’une époque hantée par la mort et l’occultisme, est original et la prose somptueuse de l’auteur, classé par Antoine Compagnon parmi les « Antimodernes » et par Lindenberg parmi les « nouveaux réactionnaires », nous entraîne dans un maelström culturel étonnant et érudit, et passe en revue les auteurs choisis : Comte, Michelet, Hugo, Baudelaire, Renan, Balzac, etc.

Ça part dans tous les sens et c’est assez baroque au point qu’on s’y perd parfois, qu’on se demande de quoi il parle.
Son obsession de vouloir à tout prix relier socialisme et occultisme n’est pas vraiment convaincante mais à coup sûr, on a là une revue littéraire beaucoup plus caustique et stylée que chez Lagarde et Michard, Émile Faguet ou Sainte-Beuve, et nettement moins précise que Michel Foucault pour la partie histoire des idées…
Mais voir dans l’Hyperion de Hölderlin «une sorte de socialisme primitif inconditionnel » paraît à côté de la plaque. (p. 437)

Le chapitre sur Auguste Comte nous fait découvrir la « folie » de celui-ci, le délire sur lequel s’est achevé le positivisme, et rien que ces pages étonnantes valent le détour.
Plus loin (p. 187), le propos prend un tour comique avec Chateaubriand : « Les Mémoires d’outre-tombe sont la seule tombe proclamée telle qui ne soit pas en même temps une outre. Où la mémoire passe vraiment outre à la tombe pleine comme une outre. »
On appréciera aussi le passage sur Huysmans, les pages sur Ernest Renan et le beau final sur Baudelaire.

Les 700 pages de ce « XIXe siècle à travers les âges » sont un livre un peu fou visant à mieux comprendre d’où viennent les folies du XXe siècle. Il est possible qu’elles donnent quelques pistes pour aborder ce XXIe siècle marqué par le retour de l’occulte, du caché, du complot et de l’altération de la vérité. Ces pages constituent une expérience de lecture à la fois jouissive et éprouvante, aussi folle que ce texte. On ne s’étonne donc pas de retrouver plusieurs fois dans ce livre une référence rare au fou littéraire Jean-Pierre Brisset.

Exemple.

« La monotonie brillante et roulante, assommante et formidable, malaxante et géologique de Hugo ne cesse de tourner autour de cette affaire. Je ne sais pas dans quel état il faut être aujourd’hui pour accepter de se laisser glisser naturellement dans ses marées d’alexandrins, ses incantations, son vaudou dixneuviémien. Hugo ne fait pas de poésie ou de prose. Il rame. Barque de Dante, Styx romantique. Rythme des démons ensorceleurs, Conjurations. Exhortations. Il essaye de faire de la magie, de sonder l’avenir par mantras, contraindre le futur à apparaître. Ses esprits, ses divinités. Les enchaîner comme Apollon, dieu des rythmes, enchaînait les déesses du destin. Rythme, étymologiquement, significe aussi enchaîner. L’alexandrin de Hugo se déroule comme des chaines serpentant. Dans un éternel retour éternellement poétique. Un bruit de lasso métaphysique. Infatigablement, c’est l’océan homogène, euphorique et unitaire. Le ramage des pesants coups de rames. Hugo est un honnête travailleur des mers, il a inventé en somme l’alexandrin- métempsycose. Transmigration en douze syllabes. Samsara à l’hémistiche. La fortune de l’alexandrin commence au 16 siècle, c’est le vers français par excellence. Et au fond, ce succès incroyable et perpétuellement confirmé d’une des valeurs les plus solides (même attaquée par la modernité comme elle l’a été) de notre patrimoine, n’a jamais été réellement analysé. L’alexandrin est la figure prosodique parfaite correspondant au réincarnationnisme général de la communauté. Normal par conséquent qu’il occupe la première place au 19 siècle. Et que Hugo n’arrive en somme, avec sa versification colossale, que pour dévoiler par ses vers de douze pieds indéfiniment recommencés la religion passionnelle de la métempsycose qui est devenue le culte naturel de la nouvelle société. La réincarnation parle français. Presque tout le 19ème s’exprime au fond en alexandrins, même lorsqu’il s’agit de prose. Et il continue encore au 20ème : il suffit de penser à l’œuvre d’un Aragon, le soviétisme à la française dans le surenchérissement des douze pieds… Inutile de s’étonner. Il est dans la logique du dispositif dont j’essaie d’évoquer les replis et les profondeurs que le socialisme stalinien soit entré comme chez lui dans la versification métempsycotique à l’égyptienne, à l’orphique ou à la pythagoricienne. Ou à l’indienne. Ou à la néoplatonicienne. En tout cas pas à la biblique ni à la catholique. C’est Aragon qui, de nos jours, a fait tourner le moulin à prières des alexandrins. Justement pas Claudel, poète chrétien imprégné des Psaumes, Des deux, c’est par conséquent Aragon, poète officiel du Parti communiste, qui s’intègre le mieux à notre histoire des religions… »
Page 332


Muray, Philippe – Le XIXème siècle à travers les âges – Tel Gallimard
  
 

Noir désir

Michel Leiris L'Âge d'homme précédé de L'Afrique fantôme
Michel Leiris
L’Âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme

Ce journal (L’Afrique fantôme) écrit de 1931 à 1933 au cours de la célèbre mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti, dirigée par Marcel Griaule, est à la croisée de l’œuvre autobiographique et de l’écrit ethnologique.

C’est aussi le récit d’un voyage intérieur, durant lequel Leiris affirme sa vocation d’écrivain, découvre celle d’ethnologue et nous offre un trajet en grand style pour l’écriture, et un regard critique sur les pratiques ethnologiques de l’époque, liées à celles de la domination coloniale.

Un grand livre d’écrivain sur un épisode étrange et peu glorieux de notre histoire. 

« Grand examen de conscience : j’aurai beau faire, je ne serai jamais un aventurier ; le voyage que nous effectuons n’a été jusqu’à présent, en somme, qu’un voyage de touristes et ne semble pas près de changer ; je suis impardonnable d’être ici alors qu’il y a en Europe une action si urgente à mener. En arriverais-je donc à vivre comme si c’était un vain mot que le mot « révolution » ? Tout ce que j’ai fait depuis des mois se réduirait-il à avoir échangé une attitude littéraire contre une attitude scientifique, ce qui, humainement, ne vaut pas mieux ? Romprai-je jamais définitivement avec les jeux intellectuels et les artifices du discours ? » 30 mars 1932 

Leiris, Michel – L’Âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme –  Gallimard La Pléiade 2014
  
 

Boucles et spirales

Lacan, Jacques - Le séminaire livre XIV, La logique du fantasme - Seuil & Le Champ Freudien 2023
Lacan, Jacques – Le séminaire livre XIV, La logique du fantasme – Seuil & Le Champ Freudien 2023

Bon, voici un évènement éditorial, la parution, enfin, d’une nouvelle année (1966-1967) du séminaire de Jacques Lacan : au rythme auquel J.-A. Miller les édite (17 sur 25, si on a bien compté), on devrait voir le séminaire complet dans des décennies. Heureusement que les lecteurs de maître Jacques disposent depuis longtemps du séminaire complet sur internet (staferla.fr).

Ce XIVe opus a ceci de particulier qu’il est prononcé juste après la parution des « Écrits », rapport à l’écrit dont Lacan nous dit qu’il essayait de l’éviter jusque-là.

Sa pensée oralisée se met donc à creuser la question du fantasme dans le registre de la logique, c’est-à-dire en lien avec le signifiant, une logique qui lui permet d’affirmer tout d’abord qu’il n’y a pas de métalangage.

Opposer ici les « Écrits » de Lacan à ses séminaires oraux n’a rien de banal, il démontre lui-même, à l’oral, ce que le monde de l’écriture a de spécifique, qu’il peut se fermer sur lui-même, et il déploie sa pensée à l’oral, autour de l’idée que « nul signifiant ne saurait se signifier lui-même. »

Lacan manie ainsi la logique stoïcienne pour interroger le registre de la vérité et proposer une relecture critique de Freud (et plus loin de Sartre ou de Levi-Strauss) décortiquant la conjonction et l’implication.
Sa pensée s’appuyant sur la logique mathématique, tournant autour du « un-en-plus » du paradoxe de Russel, paraît très abstraite, mais renvoie en permanence au concret de la cure psychanalytique : l’identification, l’interprétation, la résistance, les défenses…

La pensée tourne ici en spirales ou boucles successives, faisant des détours par Aristote ou Descartes et Saint Anselme (!), produisant des sauts du discours souvent surprenants, comme ceux qui nous mènent de la structure logique du cogito jusqu’au célèbre fantasme « « un enfant est battu ».

On voit aussi passer Roman Jakobson dans le séminaire (le 1er février 1967) qui nous dit que le linguiste est un homme qui garde une attitude infantile envers la langue, et c’est formidable.

Lire ou relire un séminaire de Lacan est toujours une aventure périlleuse voire éprouvante, qui fait entrer dans un des hauts lieux de la culture de la fin du XXe siècle, un topos brassant aussi bien l’histoire de la psychanalyse que celle de la philosophie, de la logique, de la linguistique et des mathématiques et proposant des modes de pensée inouïs et étonnants.

Une aventure passionnante à réserver peut-être, en-dehors des psychanalystes lacaniens, aux aventuriers du signifiant perdu, aux Indiana Jones de la lecture (rires)…  

Lacan, Jacques – Le séminaire livre XIV, La logique du fantasme – Seuil & Le Champ Freudien 2023


  
 

L’instant sans après

Jankélévitch, Vladimir - La mort - Champs Flammarion 2017
Jankélévitch, Vladimir – La mort – Champs Flammarion 2017

Jankélévitch débute son livre en indiquant : « On peut douter que le problème de la mort soit à proprement parler un problème philosophique. »

Mais comme il prend les choses dans le détail, cette première phrase est à comparer à l’incipit célèbre du « Mythe de Sisyphe » de Albert Camus : « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. » 

L’ami Vladimir nous entraîne ainsi dans les spirales du langage et les circonvolutions de la pensée pour, au fond, nous parler de la liberté, ce qui est plutôt susceptible de nous inviter à persévérer dans notre être de lecteur, comme dirait l’ami Spi.

Il nous apprend ainsi que c’est la négativité et l’invincibilité de la mort qui donnent un sens, une vocation, une direction définie à notre activité transformatrice et progressiste. (p. 156) Ce livre est rédigé d’une manière beaucoup plus claire (pour moi) que les trois volumes du « Je ne sais-quoi et le presque-rien », et propose de quoi se nourrir avec une belle réflexion sur le temps et, on l’a dit, la liberté. 

Vladimir trouve ainsi son Estragon en la personne du lecteur persévérant.  

Jankélévitch, Vladimir – La mort – Champs Flammarion 2017
  
 

Tangent au monde

Leiris, Michel. L'âge d'homme. Folio Gallimard
Leiris, Michel. L’âge d’homme. Folio Gallimard

Le projet d’écriture de Leiris a des visées autobiographiques, c’est bien connu, et s’appuie sur les histoires de Judith et Lucrèce extraites d’un tableau de Cranach, ainsi que sur la tauromachie et la psychanalyse pour expliquer le risque pris dans une écriture qui a fait le choix de tout dire (comme avec la règle fondamentale de la cure psychanalytique), dans un rapport direct au dévoilement qu’est la vérité. 

L’écriture de Leiris nous offre une prose rédigée dans un style parfait, soigné et châtié, offrant de grandes récompenses de lecture.

Une grande œuvre importante du XXe siècle.  

Exemple :

« Certains sites, certains objets, certaines circonstances très rares nous donnent, en effet, le sentiment, lorsqu’il advient qu’ils se présentent devant nous ou que nous y soyons engagés, que leur fonction dans l’ordre général des choses est de nous mettre en contact avec ce qu’il y a au fond de nous de plus intime, en temps ordinaire de plut trouble sinon de plus impénétrablement caché. Il semblerait que de tels sites, événements, objets, circonstances aient le pouvoir d’amener pour un très court instant, à la surface platement uniforme par laquelle nous collons habituellement au monde, quelques-uns des éléments qui appartiennent le plus en propre à la vie de nos profondeurs, avant de les laisser déclinant – le long de l’autre branche de la courbe -retourner vers l’obscurité fangeuse d’où ils étaient montés. » Page 957 dans l’édition de la Pléiade. 

Leiris, Michel. L’âge d’homme. Folio Gallimard
  


 

Le préféré d’Agatha

Agatha Christie La maison biscornue
Agatha Christie
La maison biscornue

« Comme tu sais, un enfant transforme son désir en action sans le moindre scrupule. S’il est faché contre son chat, il va lui dire « Je vais te tuer », et lui taper sur la tête à coups de marteau. Ensuite il aura le cœur brisé parce que son chat ne revient pas à la vie. Beaucoup d’enfants ont essayé de sortir un bébé de son landau pour le noyer, pour la seule raison que le nourrisson captait toute l’attention des autres ou se mettait en travers de leurs plaisirs. Ils arrivent – très tôt – à un stade où ils apprennent à savoir que ça, c’est «mal », parce que ça entraîne une punition. Plus tard, ils acquièrent le sentiment que c’est effectivement mal. Mais je soupçonne que certaines personnes ne parviennent jamais à cette maturité morale. Elles savent bien que c’est mal de commettre un meurtre, mais elles ne ressentent pas ce mal. Si j’en juge par mon expérience, les meurtriers n’éprouvent jamais de remords. C’est là, sans doute, la marque de Caïn. Les meurtriers sont à part, ils sont différents… le meurtre est un mal, mais pas pour eux… Pour eux il est nécessaire. C’est la victime qui l’a réclamé. C’était le seul moyen. » Pages 125-126 

Encore attrapé par une intrigue à la résolution inattendue et cruelle. Agatha toujours aussi étonnante et stylée. 

Christie, Agatha – La maison biscornue – Le Masque éditeur.
  
 

Retour en enfance

Albert Ciccone dir. L'infantile dans les liens
Albert Ciccone dir.
L’infantile dans les liens

Ce livre passionnant traite le thème de l’infantile et de ses traces, ses destins. Notion fondamentale pour la psychanalyse et la psychopathologie, l’infantile qui se confond avec l’inconscient chez Freud est défini ici comme l’enfant toujours présent en soi, ce monde étant fait de rêves et de fantasmes inconscients la plupart du temps, en lien avec les expériences précoces de détresse, de dépendance, de vulnérabilité.  

L’originalité et l’intérêt de ce livre est qu’il interroge les traces de l’infantile dans différents lieux psychiques : dans la relation intersubjective certes, mais aussi dans l’histoire, l’enquête sociale, les institutions, les groupes thérapeutiques, le couple, la famille.  

On lira, par exemple, avec grand intérêt le chapitre rédigé par Roland Gori concernant les liens entre la science des historiens et la psychanalyse, cette réflexion s’appuyant sur les travaux de Walter Benjamin et des références à la narrativité chez Paul Ricoeur. 

Comme toujours, René Kaës est captivant dans le chapitre sur le psychodrame psychanalytique, la théorie étant toujours associée à des exemples cliniques. L’ouvrage se termine par un beau texte sur la solitude qui pourra intéresser ceux qui sont sujets à l’addiction à la lecture, un chapitre où est rappelée la référence au beau livre de Quinodoz intitulé : « La solitude apprivoisée ». 

La lecture de ce livre, dirigé par Albert Ciccone, se fait sans difficultés, à condition d’être familier des concepts psychanalytiques historiques et contemporains.
Cet ouvrage, n’en déplaise aux contempteurs de la psychanalyse, est un nouveau témoignage de la vitalité de cette pratique, éternellement en chantier. Parce que « la douleur augmente quand il n’y a personne pour l’entendre ». 

Ciccone, Albert & al. – L’infantile dans les liens – Dunod 2022
  
 

Art solaire

Pavese, Cesare - La plage - Folio Gallimard
Pavese, Cesare – La plage – Folio Gallimard

Les seuls évènements importants dans cette nouvelle, ce sont les rencontres entre les personnages et les dialogues ou échanges qui s’ensuivent. On retrouve dans ce texte la même perfection formelle que dans « Le bel été », faite de la cohérence d’une ligne claire et solaire s’opposant aux sous-entendus du récit et aux motivations non exprimées des personnages. Pavese nous l’explique dans son journal : « Dans l’inquiétude et dans l’effort d’écrire, ce qui soutient, c’est la certitude qu’il reste quelque chose de non dit dans la page. » 

Pavese, Cesare – La plage – Folio Gallimard
  
 

Roth premier roman

Roth, Philip - Laisser courir - Folio Gallimard
Roth, Philip – Laisser courir – Folio Gallimard

« Je me promis de ne jamais commettre de violence envers la vie humaine, pas plus envers celle d’autrui qu’envers la mienne. », voici le défi auquel le narrateur nous invite durant ces 900 pages en folio : le premier roman de Roth est déjà un pavé. La narration y dilate le temps (« …tout contribuait à immobiliser le temps, à le supprimer même, comme on le ressent dans certains cauchemars. » p. 714), comme cela sera le cas dans ses autres romans, de manière plus variée, et le drame n’arrive dans le récit que par inadvertance.


Il manque l’humour et l’ironie qui seront plus tard une caractéristique de ses livres, mais le récit est bien tenu tout au long du roman dans lequel Roth nous fait partager sa science de la vie quotidienne des couples, dans un livre écrit alors qu’il n’avait pas encore trente ans. Un autre intérêt, en revenant au départ d’une œuvre dont on connaît la suite, est d’observer l’évolution de l’écriture de Roth : manie de lecteur obsessionnel, peut-être… 

Roth, Philip – Laisser courir – Folio Gallimard
  
 

Psychanalyse le retour

Green, André - La Clinique psychanalytique contemporaine - Éditions Ithaque 2012
Green, André – La Clinique psychanalytique contemporaine – Éditions Ithaque 2012

Dernier livre de André Green publié l’année de sa mort (2012), destiné à faire le point sur ses apports à la théorie psychanalytique, on y retrouve sa pensée clinique forte (notamment sa défense de la notion de pulsion et les prolongements de la notion de cadre, sur l’interprétation, la compulsion de répétition, etc), mais aussi la critique sans concessions de certaines dérives du champ psychanalytique nord-américain. Le relire aujourd’hui, dix ans après, est l’occasion de se replonger dans une œuvre majeure de l’après Lacan, mais aussi poser la question : qui aujourd’hui pour prendre la relève post-greenienne, et penser le renouveau de la psychanalyse du XXIe siècle en France ? 

Attention : si Green écrit clairement sans abuser de nouveaux concepts et dans un style maîtrisé et simple, comme ses maîtres Freud et Winnicott, sa lecture n’en est pas moins difficile. 

Green, André – La Clinique psychanalytique contemporaine – Éditions Ithaque 2012